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oeils

regards de bric & de braque

qui | 07 juin 2007

Méprises
Assoupis dans les bras de la facilité, je prends les sourires forcés pour une manifestation de la joie. Routinier dépressif, je ne peux plus m'arrêter de pleurer ou je ne fais que rigoler. Rire jaune est la seule couleur que mes dents ultra blanches laissent briller, je suis fatiguant: je suis fatigué. Mes humeurs en plastique pré-maché se vendent en supermarché. J'y fais la file avec mes condisciples, payeurs à la chaîne, nous défilons: c'est le privilège de vivre. Mon salaire et mes factures me rassurent, je ne suis pas dans le caniveau mais ma vie prends l'eau. La misère ne peut que tendre la main, je me fais assez chier pour ne pas considérer que je suis concerné. Humour ou vannes je ne fais pas la différence, trop empressé de ricaner pour cause d'existence triste. N'entendre que des sons, ne pas avoir le temps d'écouter, voir, ne pas regarder. A tout prix faire bonne figure malgré un deuil sensuel interne. Avide et impatient je finis par accepter le reflet de mes concessions comme réalité. Je suis résigné et soumis, j'élève la puérilité au rang de maturité. La peur me fait siffler dans le noir: je nie cette trouille bien réelle. Pas question d'approfondir, je zappe pour ne pas me taire: j'ai une aura de première chaîne et je pue autant qu'un écran cathodique. Inconditionnel du missel, j'explique tout par ces vers véreux comme un vétéran catholique. Science d'abstinant d'inspiration, je récite, je répète, j'ânonne, je rediffuse et je prends peur pour ma situation quand l'éxotisme me surprend. Ma raison se termine par un point et vous devez l'admettre final. Argumentation accordée dans le seul but de devenir un colonial mental. Je n'écoute pas, je cherche la faille pour imposer les coutumes de la même manière qu'on les a inscrit au fer rouge dans ma mentule ancestrale. Mathématiques empiriques sans saveur philosophique, je ne ressens que le premier degré trop salé. Etre assis à ne rien faire est ne rien faire! Ne mets pas tes coudes sur la table! Pourquoi? Ca ne se fait pas! La sensibilité n'est pas un petit post scriptum! CA N'est PAS comme ça!
Volonté ≠ sensibilité
Culot ≠ grâce
Bravade ≠ courage

Publié par a-page à 20:51:59 dans videpensée | Commentaires (0) |

froncer | 01 juin 2007

le contexte limite les réactions à sa perception
donc les réactions, actions ne sont qu'en rapport à...
la spontanéité ne découle que de la sensualité sinon on l'a calculée
ce que l'on sait retient de vivre
automate
Dévoré par la torpeur, rongé par la rancoeur, je vois les rides plisser l'âge de ma déraison. Des sillons sans fondements qui impressionnent en surface et n'expriment que l'interrogation amère. Des chemins de peine lacrymale, gorges pour sudation, voix vers la sédition. Mes pauvres perceptions d'animal presqu' intelligent croient en mon reflet: image. Pulsations sans sensations, mouvements sans vie, ombres en 3D toutes colorées d'une raison qui fait la queue pour bouffer. Se réveiller pour cauchemarder la réalité, surréalisme sinistre assujetti aux limites de la définition des sens limités à une expression foetale. Les bonds ne font que servir à atteindre, les impulsions ne sont que des revendications de ne pas vieillir. La beauté est une réalité parce qu'elle est formulée, accaparée. Le temps n'a pas de couleurs ni de poids ni d'odeur ni de chant, la réalité doit être décrite puis jugée bonne à vivre ou pas, voire à améliorer. La prétention de son existence, soi et des indissociables, les autres: la peur, sont des facettes des névroses gigantesques qui ont transformé l'animal en humain. Je suis un animal médiocre qui ne dépassera jamais sa condition, pire, mon environnement artificiel m'en empêche.
comprendre avant rend savant
respirer rend vivant
désapprendre fait évoluer

Publié par a-page à 22:19:46 dans videpensée | Commentaires (0) |

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