La peur de mourir est une raison de vivre. La peur d'être seul est une raison d'être social. La peur de l'autre est une raison de forcer sa confiance. La peur de la tristesse est une raison de forcer la joie. Il y a des tas de paradoxes de ce genre qui sont le ciment de fondations radicales d'un état global malade. Mais la joie de vivre peut être la jouissance d'exister, les perceptions comme moteur à la spontanéité. Dans l'univers de l'artifice de nos sociétés productrices, nous sommes fabriqués pour être rentables. Dans les usines scolaires de formatage comportemental et mental, l'éducation en chaîne crée du bénéfice, de l'utilitaire. Développer ses sens, sa sensualité relève de l'indécence défini comme tel. Non parce que c'est mal (si cela peut se vivre durant l'apprentissage de la soumission, cela devient même exemplaire) mais parce que cela prend du temps dans la vie d'un être qui n'est pas destiné à s'appartenir. Il y a de la rentabilité à produire, les bénéfices attendus avec avidité par les maîtres du monde et de la destinée de chacun. Ils exigent d'être remboursés de ce qu'ils ont investi et réclament le dédommagement sur cet investissement avec des intérêts. La dette de l'Afrique pour une nation, la dette à la société pour un individu: même combat! Une arnaque légale. Les individus sont la société, ils ne peuvent pas se soumettre à eux-mêmes en en faisant bénéficier d'autres.
L'art est une maîtrise individualiste d'un principe de base de la nature humaine: son état unique. L'art n'est qu'un accommodement social (collabo rations) de revendiquer sa sensualité au sein d'un état commerçant. Elle n'est qualifiée d'artistique que pour des principes d'exploitation: pour des raisons sociales de tolérance, d'accaparement. C'est donc un paradoxe ignoble quand une société refuse de considérer les individus qui la compose en tant que tels mais comme un potentiel global au but prédéterminé. L'extrémisme du principe artistique se situe dans le fait qu'elle est une réalité individuelle, unique, il ne peut être toléré que sous son aspect exploitable: pour le social. L'état d'être ou de développement (l'art de créer son existence), être à l'écoute de ses sens ne sert en rien à des principes de production puisque trop imprégnés de particularisme. La disponibilité la plus extrême est nécessaire à une réalité productrice, le relativisme d'une évolution accaparente est antinomique avec les principes de rentabilité globale, sociale qui exige de la constance. L'art est un particularisme (parmi tant d'autres, sexuel, genre, peau, handicap, dissidence, sensibilités etc...) qui n'est accepté dans le sens où son exploitation ne remet pas en cause les principes de la civilisation où l'individu se doit de s'envisager uniquement comme partie d'un tout et donc accepter le sacrifice pour le bien d'une entité globale plus réelle que lui-même. La société imposée comme une religion. La société imposée à l'individu alors qu'il en est un des composants. Les manipulations génétiques relèvent de la même mentalité. La religion est une invention totalement humaine. Ce sont des expressions ultimes du solipsisme maladif de l'égo.
La loi, parole d'évangile qui court, vite essoufflée après la réalité. La loi qui gonfle. La loi qui refuse de se tromper officiellement. La loi qui se transforme, se spécifie pour ne pas être prise à défaut. La loi qui reconnaît ses maîtres les devises. La loi qui n'a que peu faire du bon sens et pour cause... Et qui néanmoins s'applique. Légal un temps, illégal un autre. Légal ici, pas légal là-bas. Les incohérences qu'elle souligne, qu'elle punit sans avoir tout au long des temps jamais éradiqué quoi que ce soit font partie de ses fondations, c'est un système d'exploitation et non une volonté de construire. Trop humaine pour être omnisciente, même à plusieurs et pendant longtemps: on ne fait que rajouter à notre étroitesse d'esprit. Il n'y a que les primates radicaux qui n'ont pas conscience de leur déterminisme et qui par conséquent ne font que le revendiquer en affirmant que c'est la seule et unique réalité.
Comment faire confiance à une instance qui rend un végétal illégal. Pourquoi la cannabis est-il illégal, interdit et diabolisé (il y a des raisons concrètes!)? Pourquoi pas l'amanite phalloïde (en plus avec un nom pareil!)? Pourquoi pas un arthropode: la veuve noire? On fait appel au bon sens pour les choses évidentes, on invente des contes à dormir debout pour un parti-pris. On informe, on ne fait pas peur pour éduquer! On donne, on ne se rend pas indispensable! On s'efface, on ne s'impose pas! N'importe qui a transgressé un tabou que certain redoute religieusement, sait en quoi cela lui est bénéfique ou pas. Le libre arbitre construit l'individu. "Toutes les lois que l'on peut violer sans faire de mal à personne sont l'objet de risée." Spinoza 1660. Sauf bien sûr si l'individu appartient à l'état (?!), dans ce cas se faire du mal est interdit parce que détruit la propriété de "peu importe quoi" au même titre que nuire à d'autres, parce que propriété de "peu importe quoi". A aucun moment il ne s'agit de respect de l'individu, d'autant moins qu'il faille revendiquer l'existence de ce "fumeux" respect bafoué. Il s'agit du respect de la propriété et de ce que cela induit: son bénéfice. Le monde fabriqué par l'humain est un commerce, le principe de la gratuité n'est envisagée que pour valider les principes roi de troc avec bénéfices: l'arnaque. La fameuse exception qui confirme la règle: ça, ça peut être gratuit tant que tout le reste continue sur sa lancée. Même principe que les vacances: un repos pour la "gloire" du travail: faire semblant de considérer cela comme un instant de liberté. Quand on passe 10 mois sur douze dans une année à bosser pour une société qui vous méprise à coups d'impôts, d'intrigues politiques, d'ingérences et touti quanti, la vie de l'humain moderne, ses loisirs, représentent 1/6 de son temps. Sur 60 ans de travaux forcés, 10 ans peuvent être investis pour des "hobbies", à faire trempette, compter fleurette... et ce sont 2 mois (royal!) disséminés dans l'année tandis que nous devez aligner le reste en bloc, le sourire serein et comblé aux lèvres. Mais cela vaut la peine pour vivre dans un monde moderne dont les ratés sont les mêmes que les civilisations antiques. D'autant que monde moderne induit progrès technologiques et scientifiques qui se développent dans l'esprit de faciliter la vie de l'homme pas de l'asservir d'une manière plus honorable. Travailler comme des damnés pour en bénéficier est une hérésie, personne n'en bénéficie, on paye le modernisme.
Crever à coups de fouets ou déchu de ses droits sociaux pour refus de travailler, la mentalité sous-jacente à ces "moeurs" pue! Tout travail mérite salaire, faux! Tout travail donne des résultats. Le mérite est une invention de maffieux qui s'incruste entre ce que vous faites et ce qui en résulte. Cette intrusion n'est que le fait de feignasses congénitales imbues d'elle-mêmes perdues dans la trouille démesurée de ne pas savoir quoi foutre de leur vie et de le faire payer aux autres pour en tirer profit. Ils n'ont pas compris la vie, ils confondent jouissance et profit. Ils ont toujours des raisons excellentes pour s'imposer, celles qu'ils ont inventées: la sécurité, le social, la nation, l'honneur, l'esprit sportif, l'hétérosexualité, la famille, les bonnes moeurs, les principes, la propreté, la sainteté, la vie après la mort, les extra-terrestres... Ils éjaculent honteux en professionnels et le revendiquent, façonnent le monde de leur phobie: le dégoût de soi, le dégoût de l'autre.
fiel ou miel