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regards de bric & de braque

BABY BLOOD (1990) de Alain Robak | 29 octobre 2007

Allez un bon film fantastique français, gore qui plus est! Non je déconne, c'est pas un film français, c'est Alain Robak et ses potes qui ont fait un bon film! La france n'a rien à voir la dedans sauf peut-être dans les contraintes qu'il a fallu contourner pour arriver à faire un film de ce style. Si on veut jouer à l'ethnologue de salon, on pourrait dire que ça sonne comme un film de parigots. Et qu'est-ce que ça peut foutre? Bin rien!

En gros l'histoire, c'est une femme, Yanca qui se fait engrosser par une créature antédiluvienne ramenée d'Afrique dans le zoo où elle se fait traiter comme une chienne. Elle fuit l'ambiance glauque du cirque et monte à paris. C'est la période de gestation du truc dans son ventre qui lui parle et lui ordonne de tuer pour le nourrir...

Voilà un film sympa, marrant et en même temps assez oppressant. Du gore sérieux avec des dialogues aussi gras que les giclures d'hémoglobines. L'équipe qui a commis ce savoureux cauchemar d'accouchement est une bande d'amis qui a travaillé sur Objectif Nul (Canal+) entre autres: on y retrouve Alain Chabat qui a l'air si meugnon meugnon, Ariel Zeitoun, Lafesse et Jacques Audiard... Un humour grave plein de second degré voire plus si ça se trouve mais là, ça me dépasse. L'héroïne boulotte balade ses adorables miches dans des poses classiques telle "La toilette après la curée" de Ingres 1990, ses seins balancent un rythme qui hypnotise les battements de coeur soudainement synchrones et sa touffe sombre tandis qu'on revient en vit. La qualité d'image va faire fuir tous les bouffons qui découvrent le cinema depuis la semaine dernière prenant les images actuelles systématiquement filtrées pour du réalisme. Pas une once de trucage digital ni d'épilation mailllot, queue du naturel! Une vraie femme forte: une femme qui suit les hommes et les dévore. Le plus beau refus pour une demande de mariage de tout le cinema du monde. La colère d'une femme face aux lourdeurs, aux illusions et aux lâchetés des mecs. Il paraît qu'une suite serait lancée: Lady Blood où Yanca serait flic. Bien vu! Dirty Yanca matinée d'Anthropophagus avec des dialogues de Houssin et de Blier nous ferait le plus grand bien. Hélas, l'optimisme ne paie pas surtout quand il est matiné de réalisme et de rentrées financières. Je rêve. En attendant, ce fut un trait de génie que de fixer ce Baby Blood sur une pellicule, on peut toujours en dire ce que l'on veut, il trouvera ses amateurs!

Publié par a-page à 16:01:10 dans tribulations pathétiques en terrain cinématographique meuble et autres oasis régénérants | Commentaires (0) |