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regards de bric & de braque

Les quatres fantastiques et le Silver Surfer. (Fantastic Four: Rise of the Silver Surfer) de Tim Story. 2007 | 04 octobre 2007

On ne présente plus la fameuse équipe des quatre fantastiques, production Marvel qui sévit depuis 1961 (date de création par les géants du Comic Book: Stan Lee et Jack Kirby). Ce deuxième épisode cinématographique de la bande de super héros va les faire rencontrer le Silver Surfer, autre pointure classique du monde des super héros.
C'est pendant le mariage de l'homme élastique et de sa compagne dévouée, la femme invisible que le bougon solitaire de l'espace et son surf métallique débarque sur Terre. Au lieu de glisser dans des tubes d'eau au son des Beach Boys, le Silver Surfer fait des trous géants dans les fleuves ou la banquise et crée des vortex qui aspirent tout aux alentours. Pas moyen de se marier tranquille (je vous parle pas de la nuit de noce!), les quatre preux américains fantastiques laisse sur le champ toute affaire tenante et foncent en découdre. Avec l'aide du Docteur Fatalis, l'ennemi juré (alliance contre-nature et momentanée) et de l'armée américaine, ils vont tenter de sauver la Terre. Trahison au menu, comme de bien entendu du Doc Fatalis (l'armée américaine se fait rouler dans la farine) et découverte émouvante des raisons sinistres qui poussent Silver Surfer à tout casser. Le pauvre a une femme sur son monde menacé d'éradication par Galactus. Du coup, il se sent obligé de tout détruire pour obéir à cet ignoble chantage intergalactique afin d'éviter que celui-ci détruise son monde natal. Tu parles d'un super héros! Mais l'amour véritable (sortez vos mouchoirs jetables!) que se portent la femme invisible et l'homme élastique va le ramener à la raison. Ce catalyseur émotionnel ravivera l'esprit chevaleresque du surfeur argenté et la terre s'en sortira, je vous rassure.
En dehors du fait que le scénario a l'air d'être pondu par un adolescent pré-pubère qui vient de découvrir qu'il était plus malin que Oui-Oui, ce film démontre une fois de plus que le pouvoir le plus démesuré recèle souvent une puérilité abyssale. Les professionnels de l'entertainment semblent se méprendre sur le public plutôt jeune qu'ils prennent pour des lobotomisés ou bien tout simplement ne peuvent pas faire mieux que ça. Le film passe une petite heure et demie à essayer de nous convaincre que tous les acteurs abonnés à la chirurgie plastique et aux salles de gym sont des exemples de responsabilité et de cohérence à partir du moment où ils soulèvent 250 tonnes avec l'auriculaire. Ce qui ne les empêche pas de se comporter comme des mômes qui se donnent des coups de pieds et se les rendent en arguant du fait que c'est l'autre qui a commencé. Le contexte ne sert que de faire-valoir à ces neuneux qui nous montrent leurs pathétiques efforts à paraître exemplaires et néanmoins abordables malgré qu'ils soient Super Héros. Tout ce qui est détruit autour d'eux est immédiatement oublié pour laisser place aux "bons mots" et actions "héroïques" vues et revues dont ils nous bassinent depuis des décennies.
Cet épisode ne manquera pas de plaire aux enfants à travers son potentiel surréaliste qu'il s'accapareront avec délice dans les cours de récré sans avoir aucun souvenir de l'histoire. Les moeurs présentées ne sont rien d'autre qu'une rediffusion de ce qui se vend à la télévision donc l'embrigadement mental n'est à craindre que si les médias vous posent un réel problème. Sexisme mitigé, pudibonderie bon enfant, nationalisme light, devoir et priorité sociale, paternalisme et commandement, rien de ce qui fait un bon film américain n'est absent.
Les effets spéciaux sont sûrement très bien réalisés mais l'absence totale de bon goût annule leurs effets époustouflants et les rendent routiniers. On attend des débauches d'excès dans des combats de fous et on a droit à la danse des canards version caramel mou. La torche est un pétard mouillé, la chose est un amas de chewing gum à l'orange, la femme invisible aurait mieux fait de l'être et l'homme élastique est en toc.
Tout est bien sur mis en scène de la façon la plus neutre et en même temps professionnelle possible. Le réalisateur aurait pu être n'importe lequel de ses collègues. La pellicule n'a aucune personnalité, on aurait pu confier au réalisateur un projet de publicité pour prothèse dentaire canine et avouer qu'il travaille proprement. On suit l'histoire parce qu'on avait décidé de la regarder par curiosité et comme on est déjà assis...
Conclusion: un film qui donne envie de ranger sa chambre pour les plus jeunes ou bien de trouver un intérêt jusqu'ici impensable pour le bingo.
 
Petit aparté: ce texte d'approximativement 4000 caractères a été envoyé pour un boulot de rédacteur pour lequel j'ai "postulé". Je suis curieux de voir comment je vais être reçu... On verra

Publié par a-page à 13:29:09 dans tribulations pathétiques en terrain cinématographique meuble et autres oasis régénérants | Commentaires (8) |