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regards de bric & de braque

MUSHISHI (2006) de Katsuhiro Otomo | 28 janvier 2008

On va commencer par le réalisateur: c'est bien le créateur de Akira donc un humain à l'imaginaire dense et très cohérent. Le genre à générer des histoires fleuves alambiquées, expressions de paradoxes si réalistes que la science fiction prend presque des tournures de prophétie réaliste dans toute sa complexité. Etant donné que Akira, l'animé, est déjà un condensé de sa BD, ce classique manga est sans doute un condensé de ce qui lui a traîné dans la tête, impressionnant!
Pour rester dans un domaine dont il semble faire part ou vice- versa, le voilà embarqué dans une adaptation cinématographique du manga Mushishi de Yuki Urushibara.
Que tous ceux qui aiment les films à grand spectacle, j'entends par là, bruyants, musclés, cousus de fils blancs et aux mystères élucidés en fin de divertissement, s'apprêtent à vivre une révolution ou continuent à élaborer des théories sans intérêt sur des films sans intérêt: le blockbuster en solde du coin avec les super bonus de merde est sorti comme toutes les semaines, courrez consommer et n'oubliez pas de tirer la chasse!
Ce film a plus à voir avec les divagations de Kurosawa Kiyoshi ou Lynch David, sans marcher sur leurs plates bandes. Une sorte de parcours aux étranges atmosphères fantastiques et surréalistes tout à fait réalistes qui déroutent plus qu'elles ne divertissent. Prétexte à la contemplation et au rêve, errance vitale et far niente productif, ce film n'a pas tant d'intérêt dans ses conclusions mais plutôt dans ce qu'il laisse sans réponse. Ceux qui lui reprocheront de ne pas être clair ( trop de questions sans réponses) ne verront jamais un insecte tomber d'une feuille, poussé par le vent et si c'était le cas, n'y trouveraient que de quoi ricaner. La culture zen pour être cliché, l'introspection pour être descriptif, n'a pas de raison. Ceux qui en cherchent où veulent en trouver vont se régaler avec Iron Man et ils pourront vous en donner toutes les raisons les plus primaires ou malignes en leur fière âme et conscience. Ce film tente une dérive constructive.

Ginko est un "mushishi", une sorte de guérisseur- exorciste. Il déambule dans les campagnes, offre ses services. Il est sollicité par une confrère: Tan'yu qui semble gravement affectée par les retranscriptions calligraphiques de luttes contre les mushis qui se retournent contre elle. Ginko entame ce nouveau combat tandis que des réminiscences mal digérées de son initiation douloureuse se mêle à cette force étrangement puissante.

Film à effets spéciaux tout à fait actuel dilués en un conte fantastique intense et délicat, il rend les mondes délétères tangibles. C'est bon comme se dépenser et s'en reposer, le jour et la nuit pour une journée, l'un ne va pas sans l'autre pour former un tout.

Publié par a-page à 20:01:34 dans tribulations pathétiques en terrain cinématographique meuble et autres oasis régénérants | Commentaires (0) |