Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

oeils

regards de bric & de braque

DAI NIPPONJIN -Big Man Japan- (2007) de Hitoshi Matsumoto | 05 février 2008

Une équipe de reporters suit un type d'une quarantaine d'années, un peu looser sur les bords. Star sur le retour, c'est en fait une sorte de catcheur qui devient géant et se farcit des monstres qui cassent les immeubles. Les combats sont sponsorisés par la télé et diffusés très tard le soir, il est coaché par l'armée et une attaché de presse véreuse. Sa cote n'étant pas fameuse, un coup médiatique se prépare pour remonter l'audimat...

Pendant une vingtaine de minutes, ce pseudo reportage cache son affiliation aux "Kaïjyu Eïga" (Films de monstres géants: Godjira, Gamera, etc...) en installant une interview cynique sur cet allumé aux allures de victime: Maisaru Daisatu. Arrive alors un premier combat, où le personnage se bat, transformé en catcheur Bozozuki géant (loubards japonais) à la coupe Mc Hammer du plus tarte effet contre un monstre à la tronche de salary man. Puis on continue sur un ton sérieux et un réalisme limite triste: on voit cet hurluberlu s'accrocher à ses illusions de grandeur dépassée en déblatérant des pontifes simplets sur son existence désabusée et sinistre. Ce portrait d'une star, croisement d'un Johnny et d'un Santo déchu, à la limite de la dépression est mené avec un ton pince sans rire étonnant, la justesse des personnages, des situations et de leurs réactions met le cul du spectateur entre deux chaises sur le fil d'un rasoir où l'équilibre est très subtil. Fou rire ou apitoiement?

La scène de préparation au combat avec le prêtre et les militaires est exquise, la célébration d'une victoire dans un karaoké avec une vieille maquerelle sur le retour est si juste, le grand père gâteux ancien catcheur géant qui pète un plomb de fort poilante manière... Les tronches de monstres parfaites et ils ont des références dans le genre bouses informes géantes... Toutes les valeurs d'une génération moisie dans un monde pourri mais moderne sont décortiquées dans ce film de gros monstres en latex virtuel (et classique à la fin) et il reste encore plein de surprises. Ce film est un bijou. Ce n'est pas un divertissement et si on s'attend à ricaner en mode automatique pour des vannes ultra prévisibles amenées par une mise en scène clownesque, je pense qu'il vaut mieux passer son chemin.

Le réalisateur, co-auteur et acteur principal de ce film magique dont il ne faut pas même rater le générique de fin balance un petit chef d'œuvre qui va bien entendu passer inaperçu donc si vous avez l'occasion de mater ce film, ne la ratez pas.

NE RATEZ PAS CE FILM!

Publié par a-page à 23:48:41 dans tribulations pathétiques en terrain cinématographique meuble et autres oasis régénérants | Commentaires (0) |