Moyen métrage d'environ 45 minutes, cette petite histoire tirée d'un des cauchemars graphiques de Hideshi Hino (Exemple disponible en français de ses productions horrifiques: Panorama de l'enfer aux éditions Imho- 2004) nous balance les réactions froides et sans cœur de l'être humain face à ce qui le bouscule.
Une jeune fille tout ce qu'il y a de plus mignon va arroser sa jolie fleur par un matin merveilleux dans sa belle maison au sein d'une famille aimante et souriante. C'est alors que son cœur s'arrête et la voilà morte mais cependant vivante. Sur un rythme plutôt apathique, le train train quotidien, un peu changé point de vue humeur, continue son court. A l'instar de son corps, les relations familiales semblent se désagréger. Au point que ses parents veulent la zigouiller une seconde fois vue l'odeur désagréable qu'elle dégage. Rejetée par ses pairs, ses amies, un inconnu, exploitée par un cirque, chassée par ses parents, elle continue de se décomposer en fuyant tout ce qui lui colle au train.
Dans le genre conte noir morbide, Hino ne pèse pas ses maux et en rajoute dans le pathos comme peu osent le faire. Il semble que cette petite adaptation reste proche de l'esprit glauque et cru de son créateur (qui a réalisé et écrit deux films de la série Guineapig: Flowers of Flesh & Blood, Mermaid in a manhole). Si vous appréciez l'univers de Suehiro Maruo (La jeune fille aux camélias), Nosaka Akiyuki dont je ne saurais que trop conseiller "La vigne des morts sur le col des dieux décharnés" (Picquier poche), Shynia Tsukamoto, Blanquet et autres Lynch, sans comparaisons les uns les autres mais avec des similitudes de climat ou de thématiques par moment, alors tentez le coup! Ces quarante minutes berceront gentiment les âmes macabres avec tendresse.
fiel ou miel