LOVE & POP (1998) de Hideaki Anno | 07 février 2008
Réalisateur du plutôt minable, à mon goût, "Neon genesis evangelion" qui ne fait que s'enferrer dans une histoire de plus en plus pénible et téléphonée, voilà cette égérie de l'animé, Hideaki Anno, qui pond un film live (depuis il a fait 4 films dont 2 Cutey Honey et de nouveau mis son nez dans Evangelion: 1.0 You are (not) Alone). Premier essai avec acteurs en chair et en os, le voilà parti dans un trip arty caméra vidéo surboostée, fisheye, contre-plongées émoustillées mais sages et montage épileptique à l'appui.
Quatre jeunes filles se baladent dans Tokyo, se font payer pour manger avec des executive boys, se racontent leurs petites histoires et font les magasins. Pour se payer une bague, Hiromi va se vendre à des paumés. Elle accepte de rencontrer un premier type qui semble ne pas avoir parlé à un être humain depuis ses douze ans, il a une maladie qui le fait cracher de la glaire toutes les deux secondes. Il l'entraîne dans un video club rayon porno et la paye pour se faire passer pour sa petite amie... Son deuxième essai lui fera "rencontrer" Capitaine "biip" (Tadanobu Asano) qui joue le rôle d'un tordu sentimental qui parle à sa peluche "biip". "biip" pour le bip salvateur de censure qui couvre un gros mot satanique. Le troisième est un écrivain zarbi qui récupère un GSM rempli d'annonces de rendez-vous passés par des jeunes...
Portraits de certaines dérives de sociétés de consommation en toc, au sein de ce bordel artificiel inhumain, transpirent des besoins humains à tous les âges qui prennent toutes les facettes possibles. A la limite de finir dans le dérapage total, ces expériences douloureuses ou ridicules fabriquent le vécu maladroit du début de l'âge social prétendument adulte. Il va sans dire que la morale est larguée, comme d'habitude, face à la réalité crue et nue de la frustration globale. Jeunesse qui veut jouir et adulte qui s'en empêche se croise dans ce monde commun où les règles globales enferment tout le monde dans un carcan spécifique.
Ce film a des airs de frime mais semble assez sincère pour ce que je puis en être juge. Si morale il y a, elle ne ressemble pas du tout à la notre, j'entends par là moins imbibée de principes cathos mal purgés et laisse en suspens sans qu'il n'y ait de jugement à porter pour quelque comportement que ce soit. Je suis toujours étonné de voir des personnages pourris ou à la masse qui continuent d'avoir la possibilité d'émouvoir là où nous ne sommes capables que de stigmatiser, une différence entre le cinema de l'est et de l'ouest.
Intéressant.
Publié par a-page à 12:39:14 dans tribulations pathétiques en terrain cinématographique meuble et autres oasis régénérants
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