Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

oeils

regards de bric & de braque

IZO: Kaosu mataha fujôri no kijin (2004) de Takeshi Miike | 30 mars 2008

Izo traverse les facettes de bienséance nauséabonde de toutes les mœurs prétendument civiles aux incidences désastreuses dans un bain de sang non stop sur plus de deux heures.

C'est l'histoire d'une vengeance immortelle. De celle qui frappe pour des raisons divines de désespoir insurmontable. Prenez un résidu de déchéance, des jugements de valeur sans fondements qui pourrissent tout ce qu'ils méprisent, une bouffée de rage nourrie à la douleur, une intolérance d'un éclectisme sans frontière et devenez le spectateur d'une monnaie rendue violemment avec une largesse de la plus grande classe. Anachronique, sanglant, juste et au diapason d'une réalité supportée avec un sang froid énorme: proportionnel au stoïcisme ambiant et passe partout, cette réplique en pellicule claque. Face aux ignominies contemporaines passées, présentes et futures, ce film déboule sabre au clair et tranche dans le panorama historique comme un riff dans un concerto. Some punks are not dead, la crête dans la tête, ils sont encore debout et gueulent, crachent, balancent un film comme ça. Il n'y a pas de haine dans toute cette violence, c'est désabusé et blessé à mort par une réalité sans cohérence et néanmoins légale que Izo devient l'ennemi de tous. La peine n'a jamais été séduisante, elle fait pitié, c'est peut-être la seule raison qui peut la rendre attirante. Voilà encore une destinée de solitude, pas des plus glamour mais assez essentielle.  

Film impossible, dissident sans retenue qui hurle les milliards d'incohérences morbides que le réalisateur a choisi de venger dans cette fiction désillusionnée. Film qui ne soulage même pas parce que conscient de sa place dans l'ouroboros désastreux et infini de l'âge de l'humanité, c'est une mise en abîme utopique et fantastique de nos mœurs minables présentée sous une iconographie christiquo-pop aux relents de shambara gore.

Extraits de dialogues:
Qu'est-ce que l'amour?
C'est un mot. Un mot ne correspond pas nécessairement avec la nature fondamentale de sa signification. C'est un code de sons, des fois...

Bon alors, parle-nous de la démocratie...
Oui. La démocratie est un sous-produit de la civilisation humaine: une illusion. Est-ce que la civilisation humaine a évoluée positivement...

Ok! Mademoiselle Sato, qu'est-ce qu'une nation?
Une nation est une illusion vicieuse qui n'existe que dans les esprits humain. C'est une notion imaginaire mensongère existant uniquement pour contrôler et gouverner le peuple qui se réunit instinctivement en troupeaux. C'est le principe de base fictif qui requiert une partie de la population à sacrifier.

Vous êtes prévenus, ceci est un divertissement et surtout pas un divertissement! 

Publié par a-page à 20:07:05 dans tribulations pathétiques en terrain cinématographique meuble et autres oasis régénérants | Commentaires (0) |