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regards de bric & de braque

TOKYO ZOMBIE (2005) de Sakichi Satô | 07 mars 2008

Pendant la pause déjeuner, quoi de mieux qu'un bon vieil entraînement au catch entre deux potes quand on bosse dans un hangar? Le patron est pas trop d'accord alors un coup d'extincteur sur l'arrière du crâne et hop on part l'enterrer sur une montagne de détritus (le Dark Fuji)... Et puis vient le temps où les zombies se relèvent de terre. Alors les deux fans de catchs partis pour la Russie, le paradis du catch, rencontrent une femme et puis le mentor se fait mordre.
Quelques années plus tard, un îlot de riches pouilleux (comme il se doit) a réduit les derniers humains en esclavage (comme il se doit). Leur passe-temps favoris: le combat à mort entre humain et zombie dans une arène. On retrouve notre survivant du couple catcheur du début qui va se retrouver face à son ancien pote maintenant zombie de son état... Quel sera le résultat de ce match émouvant?

Tadanobu Asano est le héros de ce film barré et rien que pour sa coupe afro, ça vaut le détour! Avec des relents de "Land of the dead" (le dernier Romero qui n'arrive pas vraiment à décoller d'un film d'horreur-action bien compromis par le business cinématographique amerloque), ce film comédie pince-sans-rire va dix mille fois plus loin et on ne s'embête pas avec des clichés dont on est obligé de se gaver pour apercevoir gros comme une maison des métaphores sociales bien fadasses. C'est un film de zombie, une comédie, un road movie, un film d'anticipation, il y a de l'action, de la franche camaraderie hi hi et tout est mélangé avec une dose de distance bien équilibrée: c'est un film moqueur. Pas d'héroïsme faussement amené avec des personnages dont on a pas d'autre choix que de les voir se transformer face aux épreuves constructives de la vie en une sorte d'initiation bidon. Héros parce que ça s'appelle comme ça mais surtout gamins perpétuels assez irresponsables et totalement séduisants qui se baladent, désabusés dans un contexte chaotique avec des hauts et des bas bien catastrophiques. On se réconcilie avec la vie sans trop d'éclats téléphonés ni exagérément exacerbés face à des situations atroces... Encore une belle fiction qui fait ricaner et laisse quitter l'écran d'un pas léger sans relents de manichéisme tourné vinaigre.
Il ne s'agit pas du tout d'une parodie du genre, on ne passe pas les trois quarts du film dans le noir. Les pathos des personnages ne sont pas lourds et archi prévisibles. Les adolescents n'existent pas, pas plus que ces adultes qui n'ont jamais cessé de l'être. Il n'y a pas de la grosse musique qui surligne des effets qu'on vous forcerait à ressentir pour pas être le dernier de la classe: pas de condescendance consensuelle. Du cinema qui ne se fout pas de votre gueule et qui n'est pas pour autant une prise de tête aux références multiples sans lesquelles vous vous sentez un peu méprisé.
Voici donc, encore, un film à voir!

Publié par a-page à 08:49:43 dans tribulations pathétiques en terrain cinématographique meuble et autres oasis régénérants | Commentaires (0) |