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oeils

regards de bric & de braque

D. A. N. G. A. N RUNNER- Dangan ranna (1996) de Hiroyuki Tanaka | 31 mars 2008

Trois personnages principaux, un clan de Yakuzas et une bande de flics. Dans la plus pure veine du polar traditionnel, le mec qui se fait foutre de sa gueule par sa meuf avec un autre type au bras, se prépare à faire un casse dans une banque. C'est le looser de service qui va braquer la banque alors qu'il a oublié de s'acheter un masque. Il rentre dans un combini (superette) pour en acheter un, pas de monnaie, il va falloir qu'il le vole. Mais la rock star déchue qui s'occupe du combini va le courser une fois la tentative foirée. Lui, c'est le deuxième looser de service: ancien toxico rock star en carton qui doit du fric à un yakusa, troisième looser (il a sauvé sa peau sans protéger son patron) qu'il va renverser alors qu'il rattrape son voleur de masque. Alors commence le road movie cocasse le plus pédestre jamais vu. La course-poursuite se termine dans un hangar où les trois personnages se retrouvent à bout de souffle (et pour cause: les 3/4 du film) ainsi qu'une bande de yakuzas suivie par une bande de flics débiles portés sur la gâchette. Final explosif en perspective.

Par les soyeuses couilles de Bélzébuth le juteux, encore un film jubilatoire qui vaut le détour dont je n'avais jamais entendu parler! Film aux situations cyniques limite je me roule par terre, traité sérieusement qui nous amène à une fin totalement amorale occidentalement parlant. Cette épopée aux pompes fumantes ne se prend au sérieux que pour surligner le ridicule des films de genre qu'au fond il respecte totalement. Etrange comme certains films arrivent à ne pas racoler tout en jouant avec tous les clichés du genre: violence (pas mal), sexe (un peu), rigolade (subtile), fantasmes (divers et variés)... Voilà un divertissement imparable comme les trois quarts des usines à flouze qui polluent les salles de cinoche et les bacs à soldes sont incapables de produire avec leurs inspirations de banquiers corporatistes et nationalistes.
Ce film est frais comme un verre de limonade en pleine canicule, comme une bouffée de joint en joute musicale, comme une pipe au petit matin. Du cinema surprise pas foutage de gueule, quoi. Merci!

Publié par a-page à 00:28:03 dans tribulations pathétiques en terrain cinématographique meuble et autres oasis régénérants | Commentaires (0) |

IZO: Kaosu mataha fujôri no kijin (2004) de Takeshi Miike | 30 mars 2008

Izo traverse les facettes de bienséance nauséabonde de toutes les mœurs prétendument civiles aux incidences désastreuses dans un bain de sang non stop sur plus de deux heures.

C'est l'histoire d'une vengeance immortelle. De celle qui frappe pour des raisons divines de désespoir insurmontable. Prenez un résidu de déchéance, des jugements de valeur sans fondements qui pourrissent tout ce qu'ils méprisent, une bouffée de rage nourrie à la douleur, une intolérance d'un éclectisme sans frontière et devenez le spectateur d'une monnaie rendue violemment avec une largesse de la plus grande classe. Anachronique, sanglant, juste et au diapason d'une réalité supportée avec un sang froid énorme: proportionnel au stoïcisme ambiant et passe partout, cette réplique en pellicule claque. Face aux ignominies contemporaines passées, présentes et futures, ce film déboule sabre au clair et tranche dans le panorama historique comme un riff dans un concerto. Some punks are not dead, la crête dans la tête, ils sont encore debout et gueulent, crachent, balancent un film comme ça. Il n'y a pas de haine dans toute cette violence, c'est désabusé et blessé à mort par une réalité sans cohérence et néanmoins légale que Izo devient l'ennemi de tous. La peine n'a jamais été séduisante, elle fait pitié, c'est peut-être la seule raison qui peut la rendre attirante. Voilà encore une destinée de solitude, pas des plus glamour mais assez essentielle.  

Film impossible, dissident sans retenue qui hurle les milliards d'incohérences morbides que le réalisateur a choisi de venger dans cette fiction désillusionnée. Film qui ne soulage même pas parce que conscient de sa place dans l'ouroboros désastreux et infini de l'âge de l'humanité, c'est une mise en abîme utopique et fantastique de nos mœurs minables présentée sous une iconographie christiquo-pop aux relents de shambara gore.

Extraits de dialogues:
Qu'est-ce que l'amour?
C'est un mot. Un mot ne correspond pas nécessairement avec la nature fondamentale de sa signification. C'est un code de sons, des fois...

Bon alors, parle-nous de la démocratie...
Oui. La démocratie est un sous-produit de la civilisation humaine: une illusion. Est-ce que la civilisation humaine a évoluée positivement...

Ok! Mademoiselle Sato, qu'est-ce qu'une nation?
Une nation est une illusion vicieuse qui n'existe que dans les esprits humain. C'est une notion imaginaire mensongère existant uniquement pour contrôler et gouverner le peuple qui se réunit instinctivement en troupeaux. C'est le principe de base fictif qui requiert une partie de la population à sacrifier.

Vous êtes prévenus, ceci est un divertissement et surtout pas un divertissement! 

Publié par a-page à 20:07:05 dans tribulations pathétiques en terrain cinématographique meuble et autres oasis régénérants | Commentaires (0) |

start | 14 mars 2008

Baptême comme un navire prêt à couler, impassible, je m'envois une boutanche de champ dans la gueule. Elle n'explose pas et je ne tombe même pas assommé. Carmin est ma destinée. Ma logorrhée de taré va pouvoir encore gerber à tous vents et en toute liberté, pour ce que ça coûte. Les retours de bâtons, je suis immortel: je ne peux que saigner! Des sons, des vibrations chaotiques, virulantes et toutes ces sortes de choses que l'on qualifie parfois de musique. Bien qu'une grande partie de ce que j'écoute fait vomir les trois quarts de l'humanité (ce qui ajoute à mon plaisir), je vais tenter de partager mes triques auditives avec vous! Ne vous méprenez pas, les ritournelles et les calculs sonores me séduisent comme n'importe qui: c'est fait exprès, mais les rages et les cris sonnent plus juste en ce vaste monde immonde. Le désespoir est sincère, au diapason, la joie est une lutte isolée, les deux sont une réalité que je choisis de déguster sucrée salée, citron pimenté, chaud et froid, profiteroles, sous formes d'humeurs savantes.
Quelle est ta couleur préférée? La musique! Qu'est-ce que tu écoutes? Des frissons! Qu'est-ce que tu ressens? Une érection! Arrête de me suivre, abandonne! Pourquoi? Tu n'écoutes pas!
Et puis je suis trop excité parce que j'ai trouvé un petit site super sympa (j'ai fait un lien): Deathcore is sexy. La sélection des groupes qu'ils balancent est bien crapouille et le son n'est pas qu'un gros bordel vénère. Beaucoup de choses à déguster avec les doigts et pas grand chose à régurgiter. Allez donc jeter une oreille, vous la ramasserez après, en charpie et bien fourrée.

Publié par a-page à 12:31:18 dans Boucan tu nous tiens! | Commentaires (0) |

MEATBALL MACHINE (2005) de Yudai Yamaguchi et Junichi Yamamoto | 14 mars 2008

Un looser qui bosse dans une usine avec des gens totalement normaux et épanouis récupère une capsule qui transforme les gens qu'elle phagocyte en monstres de métal et de chair. C'est en fait une cabine de pilotage pour aliens qui pilote les humains comme des robots géants pour des combats à mort. La capsule qu'il a récupéré se jette sur sa copine qu'il a, en grand timide, eu tant de mal à approcher. Il se fera à son tour envahir, pas tout à fait complètement, et tentera de sauver sa "belle" de cette possession pas très catholique car il a su résister à moitié à l'invasion corporelle. Conclusion (pour les aliens) du combat qui les opposera: plus de rage et de puissance si les humains possédés ne perdent pas tout à fait leur libre arbitre.

Est-ce qu'il faut voir une métaphore inversée? L'humain étant un animal bouffé par ses propres créations dont la plus lourde est la pseudo civilisation, on peut le comparer à ce qu'il devient pour se soumettre à son contexte: une machine (alien à sa nature). Machine = insensibilité. Ceci serait une métaphore, en la prenant au pied de la lettre, il suffit de concrétiser cette observation: l'homme-machine au sens physique du terme est né. Sa nature se rebelle mais il finit pas céder par faiblesse ou par désespoir. Une fois muté, il se tape ses congénères dans le plus pur style élitiste: c'est moi qui ai la plus grosse bite, je suis plus fort que toi, t'es même pas cap d'abord! Je pensais qu'on montrait ce genre d'état par dérision mais en fait il s'agit d'une revendication. Je me trompe depuis des années, j'assimilais ça à de la puérilité, c'est en fait la maturité de l'évolution humaine. Ou bien c'est un constat triste et exagéré d'un état visiblement impossible à dépasser.
Film direct, bourrin et gore. Quelques scènes tirent un peu en longueur mais voilà tout de même de quoi se rincer l'œil des merdes calibrées pour remplir les salles de "patates divan" qui ont l'impression de sortir de leur coquille. L'image a des relents d'amateurisme sympathique. Des monstres avec un petit goût de sitcom japonais: caoutchouc mou et délire surchargé sans complexe. Ca gicle avec enthousiasme.On est en plein bis de bonne facture.

Publié par a-page à 09:55:26 dans tribulations pathétiques en terrain cinématographique meuble et autres oasis régénérants | Commentaires (0) |

XX | 12 mars 2008

Depuis que nous sommes dans l'espace avec une réserve d'oxygène de deux heures, mes deux compagnons et moi ressentons une certaine pression quant à la suite des événements. A dériver ainsi dans le noir avec comme seuls repères les lumières de nos casques mutuels, je finis par douter de nos chances de longévité. Depuis que notre charmante copilote nous a malencontreusement "éjectés" de notre vaisseau, je crois que les conversations vont bon train entre notre capitaine et la jolie gaffeuse. J'ai coupé le son de l'altercation. Quand on jette un œil sur les écrans témoins remplis de leurs deux faces écarlates qui suent et pulsent sous leurs casques, on se doute que la passion qui les étreint tous deux est quelque peu houleuse. Les postillons vont bon train et le rythme verbal semble très fébril. C'est étrange comme le vide de l'espace est sombre. Nous sommes "encordés" et nos spots allument des éclats de lumière argentés sur nos combinaisons.

Publié par a-page à 18:45:41 dans CHAPITRES | Commentaires (1) |

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