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regards de bric & de braque

ORETACHI NO SEKAI- This world of ours (2007) de Ryo Nakajima | 11 juin 2008

Un dépressif qui bizute un mou du genou, une manipulatrice suicidaire qui envenime les choses, un faible qui se laisse entraîner dans un viol collectif, un prof moraliste et sévère qui n'est rien d'autre qu'un sale pervers honteux et violent, des potes à la masse... La belle société en contexte et tous ces destins chaotiques qui se croisent dans la douleur sous toutes ses formes, physique, sexuelle et morale.

Bon bin voilà encore une preuve qu'on tourne en rond et que ça ne fait pas que des heureux. Trente années et quelques après Clockwork Orange, le constat n'est pas le même, c'est pire, ne serait-ce que par le temps qui passe et n'arrange rien. Le malaise de vivre dans un monde de merde, triste et prévisible à en pleurer, n'est pas pourri par les méchants mais par l'ensemble de ses acteurs sans vie avec ou sans cravate, avec ou sans sourire, avec ou sans principe. Laisser tomber ses espoirs et sa fierté pour arriver à exister dans ce monde qui est le notre est un tour de force. Etre désabusé avant d'avoir le statut d'adulte et le droit stupide d'aller voter est une sorte de malédiction à traîner dans un monde d'incohérences disproportionnées et pousse des sensibilités à ne plus savoir comment se détacher du contexte: à réagir en affolés. Les dirigeants de ces sociétés que sont les nôtres n'ont toujours pas capté un indice quant à l'étendue de leur médiocrité et de ce qui en découle, ce film va sans doute emmerder les instances officielles en place et générer tout un tas de levées de boucliers moralistes si ce n'est passer à la trappe de la censure ou du péril économique organisé.
En attendant, voilà encore un portrait cru et un peu cauchemardé de notre sale époque et de ses mœurs étouffantes.

Des acteurs adolescents bien plus solides que dans Battle Royale et moins crus que dans Kids, un malaise cousin: l'évocation de la réalité comme base et pas de goût pour l'édulcoré. Cette fiction colle à l'actualité et dérape avec réalisme tout en gardant un aspect théatral.
C'est un moment cinématographique intense, à ne pas rater, à plébisciter.

Publié par a-page à 12:47:24 dans tribulations pathétiques en terrain cinématographique meuble et autres oasis régénérants | Commentaires (2) |