Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

oeils

regards de bric & de braque

ORETACHI NO SEKAI- This world of ours (2007) de Ryo Nakajima | 11 juin 2008

Un dépressif qui bizute un mou du genou, une manipulatrice suicidaire qui envenime les choses, un faible qui se laisse entraîner dans un viol collectif, un prof moraliste et sévère qui n'est rien d'autre qu'un sale pervers honteux et violent, des potes à la masse... La belle société en contexte et tous ces destins chaotiques qui se croisent dans la douleur sous toutes ses formes, physique, sexuelle et morale.

Bon bin voilà encore une preuve qu'on tourne en rond et que ça ne fait pas que des heureux. Trente années et quelques après Clockwork Orange, le constat n'est pas le même, c'est pire, ne serait-ce que par le temps qui passe et n'arrange rien. Le malaise de vivre dans un monde de merde, triste et prévisible à en pleurer, n'est pas pourri par les méchants mais par l'ensemble de ses acteurs sans vie avec ou sans cravate, avec ou sans sourire, avec ou sans principe. Laisser tomber ses espoirs et sa fierté pour arriver à exister dans ce monde qui est le notre est un tour de force. Etre désabusé avant d'avoir le statut d'adulte et le droit stupide d'aller voter est une sorte de malédiction à traîner dans un monde d'incohérences disproportionnées et pousse des sensibilités à ne plus savoir comment se détacher du contexte: à réagir en affolés. Les dirigeants de ces sociétés que sont les nôtres n'ont toujours pas capté un indice quant à l'étendue de leur médiocrité et de ce qui en découle, ce film va sans doute emmerder les instances officielles en place et générer tout un tas de levées de boucliers moralistes si ce n'est passer à la trappe de la censure ou du péril économique organisé.
En attendant, voilà encore un portrait cru et un peu cauchemardé de notre sale époque et de ses mœurs étouffantes.

Des acteurs adolescents bien plus solides que dans Battle Royale et moins crus que dans Kids, un malaise cousin: l'évocation de la réalité comme base et pas de goût pour l'édulcoré. Cette fiction colle à l'actualité et dérape avec réalisme tout en gardant un aspect théatral.
C'est un moment cinématographique intense, à ne pas rater, à plébisciter.

Publié par a-page à 12:47:24 dans tribulations pathétiques en terrain cinématographique meuble et autres oasis régénérants | Commentaires (2) |

TAITEI NO KEN- The sword of Alexander (2007) de Tsutsumi Yukihiko | 04 juin 2008

Vous avez vu l'affiche? Bin oui, tout est dit ou presque. C'est l'histoire d'un grand balèze, Genkuro qui se trimbale une épée mastok, d'une princesse habitée par un extra-terrestre, de son garde du corps ninja un peu foireux qui se fritent le clan adverse en plein japon médiéval. Le clan adverse manipulé par un moine diabolique, de sa langoureuse et chaude vamp sombre et de son clodeau maître des sauterelles mortelles qui vont doubler leur boss, chef des Tokugawa. A tout cela se rajoute un duel à mort entre deux extra-terrestres qui débarquent sur notre belle planète pour s'emparer des trois grigris magiques qui garantissent, évidemment, des super pouvoirs. Ce sont dans l'ordre la grosse épée, une croix (chrétienne hi hi) diabolique et une double dague en "orichalcum", métal magique, donc, qui a l'air apparenté au crack tellement il booste. Les aliens vont donc posséder des gentils et des méchants humains dont certains vont pouvoir montrer leur qualités et l'aventure va pouvoir démarrer sous les meilleures auspices pour s'emparer de ces trois "graals" qui décuplent leurs pouvoirs une fois réunis.

Ça fait du bien de retomber dans du bon bis qui scotche. Au début, y a des doutes quand même avec ce croisement japon médiéval et bataille de l'espace mais c'est géré pour que ça paraisse incongru pas: "trop mal foutu". Une fois que les deux chapitres espace-terre sont passés (avec une voix off légèrement cynique qui désamorce le sérieux qu'on pourrait prêter à ce film), le mélange se réunit dans cette quête à la masse. Et c'est avec un plaisir délectable que l'on découvre une galerie de portraits bien déjantés dont mon préféré est le chasseur qui se fait arracher la bras par un ours possédé par le vilain alien (je ne vous dis pas ce qui adviendra de ce chasseur avant qu'il clamse une seconde fois car c'est là qu'est toute la beauté de la chose, juste oh la la la...).
Géré comme un croisement de soap opéra japonais d'une demi-heure qui abuse de trucages ultra visibles, de scénario manga primaire mais jouissif et de film pour public enfant, on nage dans le patchwork système D qui force le respect bis.
Les poses à la cool, l'épée à la Berserk (manga de Kentaro Miura), les vilains trop biens, l'esprit gros bill et parodique, certaines incongruités dont on a rien à foutre dans une aventure qui bouge vraiment et qui arrive jusqu'au générique sans avoir envie d'en rater une miette, c'est ça un bon film!

Juste pour dire que:
Iron man, film pourri où Marvel continue sur sa lancée pro capitaliste ("What's wrong with capitalism?" dixit "La Torche" dans le premier "4 Fantastiques", faites chauffer la liste de réponses) avec la démonstration fabuleuse: il y aurait des bons et des méchants capitalistes dans cette interprétation de Iron Man. On assiste, affligé, à une débauche de réalisme au niveau contexte pour servir un scénar de neuneux en stade terminal mélé d'un moralité puante. Action, aventure: 0,5/20.
Indiana Jones 4 aux os de cristal est trop vieux comme son réalisateur et ses aventures sentent le réchauffé. Un vieux bourge essaye de nous emmerder avec ses fantasmes de rejeton et de mariage qu'il fout dans un film dont tout a déjà été vu et paraît revisité, minable! Action, aventure: 0,5/20.
Messieurs, prenez votre retraite, ça aurait déjà du être fait depuis si longtemps!

Publié par a-page à 12:11:48 dans tribulations pathétiques en terrain cinématographique meuble et autres oasis régénérants | Commentaires (0) |

1|