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oeils

regards de bric & de braque

aujourd'hui vendredi 18 juillet 2008, si, si! | 18 juillet 2008

Il fallait y penser! C'est là que je suis fier d'être humain.

Les centrales nucléaires, maintenant tout le monde sait que c'est dangereux. Avant aussi, mais il fallait pas le dire pour pouvoir les construire et en être là où on en est aujourd'hui: dans un monde merveilleux comme d'hab' (et puis accessoirement de remplir les fouilles de quelques pontes milliardaires boulimiques tout à fait internables).

Après le 26 avril 1986, Tchernobyl de son état, le monde a changé. En france cela avait commencé avec le constat réaliste comme quoi les nuages radioactifs ne pouvait pas survoler la France (après mûres réflexions, je pense que la seule raison fût qu'il ne devaient pas avoir leurs papiers et donc qu'ils furent reconduits à la frontière) annoncé par des Journaux Télévisés qui n'ont jamais cessé de garder la même déontologie professionnelle à tous propos. Et aujourd'hui, je me lève gaillardement, sifflote guilleretement et PAF!

Il y a des fuites d'uranium à Tricastin! Bin merde alors, depuis quand? Comment on va faire pour réparer (quel naïf je fais quand même)? Nan, mais ça c'est pas important, ce qu'il faut savoir c'est que le directeur va être changé. Ouf! Ils auraient du faire ça à Tchernobyl: changer le directeur voire même lui tirer l'oreille devant tout le monde, lui faire les gros yeux (plus la peine de se forcer maintenant, ah ah ah, nan j'déconne!), panpan cucul. Les radiations et leurs conséqu... Oh n'a été un gros vilain le directeur pas gentil, oh lala lala laalaa. Ni va nêtre puni, au coin, les mains sur la tête... ouh lala lala laalaa... et on va mettre un gentil nouveau directeur à la place. Et le torse bombé par la fierté, le menton haut implacable, la larme contenue d'émotion d'avoir une fois de plus accompli son devoir sur fond de drapeau tricolore, le principe fantôme de cohérence sociale lâche l'urine à grands jets puissants dans une contrebasse habilement disposée non loin de là.

Que personne ne sorte, la farce n'est pas encore finie. On a changé le directeur. Et les colombes s'envolèrent dans le ciel radieux, les chants résonnèrent dans tous les cœurs, tous les pauvres gagnèrent au Loto, les centrales nucléaires passèrent d'un pourcentage de 99,99% de sûreté à 99,991%, le directeur avait perdu 10% de son salaire. 

Pendant ce temps, les viles radiations fourbes et retorses méprisées par ce monde merveilleux et heureux s'éteignirent d'elle-même dans l'oubli général. Au nom d'une paire de couilles et du simple d'esprit, je vous salue, mari, à peine.

Publié par a-page à 10:52:14 dans humeurs | Commentaires (0) |