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oeils

regards de bric & de braque

plus en pouvoir | 09 avril 2008

Il y a des gens qui attendent des signes... qui les cherchent, à force de pas les trouver et qui finissent par les inventer. Moi, les signes me tombent sur la gueule comme une nuée de moustiques. Quand une journée me fait signe que ça va foirer, ça commence avec une nuit tourmentée qui me repose autant qu'une épreuve de fond d'angoisse incontrôlée sans la sueur. Le réveil n'en est pas moins insupportable et je dois me lever pour faire face à un départ: pas drôle quand un pote se casse. La seconde épreuve du jour, c'est un test que j'allais merder: bingo mais pire que ce que j'avais prévu, même pas de quoi prouver que j'avais suivi un tiers du cours. La nana qui me chatouille trop la libido arrive toute fraîche et hilare avec le dugenou qui m'a allongé un pain. Le dialogue qui suit est un bon foutage de ma sale gueule en règle. "Ce n'est qu'un mauvais moment à passer!", non, c'est tout le temps comme ça. Merci, je me contiens, bouillant, mais j'aimerais faire un câlin au canon d'un flingue fumant pour que ça s'arrête, ça ne tient jamais à ce que je désire, espère ou supplie silencieusement. Basta, je quitte le cours comme une merde fumante sort d'un anus vérolé: en foireux suprême. J'ai les poumons contracté, je ne sens que l'envie de chialer comme une bile impossible à dégurgiter. Je ne sais plus quoi faire, assis, debout, je prends le vélo et vais m'épuiser. Le vent glacial me ralentit et je ne peux même pas transpirer, je rentre. Et c'est là que le clin d'œil décapité de mon alter égo ailé achève ma journée. En super zéro vaincu par tout et tous, je me vautre devant l'écran et endosse mon habit de patate. J'ai toujours aussi mal mais cette fois-ci il faut que ça s'arrête, demain j'offre une trêve. Retour à la solitude, je ne supporte plus rien ni personne et j'en souffre comme un damné mais ça ne pourra pas empirer.
La journée d'une fiction pauvre en existence, une chute sans branche, la pitié n'existe même pas. Les rides qui se dessineront sur ma gueule seront tristes, je suis défiguré et dégoutté. Je n'ai personne vers qui me tourner. comment on éteint?


L'ivresse comme compagne étourdie au réveil regrettable,

L'autosuffisance qui chiale pour tester les échos mats de sa cage merveilleuse,

Communion passive au contact forcé pour un regard sans lendemain, de mort que la sympathie emplit de maturité distante.

Prend le vent comme une baffe glaciale et oublie les brises aux mémoires douces et instantanées.

Les sourires sont un dû pour ne pas faire fuir ce qu'il est impossible d'atteindre.

Rancœur reléguée par compréhension, les sens masqués, la joie préfabriquée, douleurs ravalées, grimaces monstrueuses, nouvelle nature de rature, tu nais.

Des compliments qui te laissent seul, à chaque fois et ta nature humaine disparaît, tu nais.

On te raconte, on se raconte, tu es témoin, tu nais.

Haineux, fatigue d'isolation, quarantaine vitale, tu es né.

Ce nouveau cœur qui ne sert qu'à pomper le sang sans métaphore, organe sec et vivant comme le minéral, est ta maturité.

C'est dans cet état, cédant cet état que les souvenirs remontent comme un début de sanglot face à rien.

Tenter d'oublier devient ton état, monstre, fuis du regard et encaisse ce qualificatif muet, monstre.

Ta mémoire est séduisante, attendrissante mais la bonté se monnaie et il faut faire face à ton aspect.

Vend-toi, allez, cède ta nature et endosse l'habit.

Rien ne changera mais tu auras ta place, v'là une pièce, tiens!

Goûte la tolérance, celle qui t'isole ou te noie,

Oublie


Nénuphar épaté flottant amplement sur une mare noire
Qui prend des airs faussement cristallins sous des jours métaphoriques?
Apesanteur qualifiable, placide, bousculée par des battements d'ailes de papillon de papillon
Frontière d'atmosphère tellement tangible, palpable qui pourrait renverser la situation
L'air assèche, l'eau humidifie
Et c'est l'atmosphère du mot qui fait référence, qui observe dans sa bienveillance suffisante le principe autochtone
Une bulle d'eau sur une plume de canard
Plate-forme inutile et utile à deux mondes, existe et se nourrit de l'un pour fleurir à l'autre


Un amour marchandé de celui jamais accordé pour des raisons d'impureté. Cette marque rougit le tempérament d'une rancœur triste et salée. Cette part affichée est reprochée et la mise en abîme commence sa chute. Vertige douloureux qu'il faut soigner dans la solitude pour paraître consommable. Deviendra une façade hermétique, un blindage séduisant qui rouillera comme un parasite à la naïveté. Dans cette composition mature de souffrance tue, étouffée, les miettes de ce dont on se défend de se protéger auront un goût rassis. Partage d'illusions confinées sous des jours prétendument émancipés, ces volontés torrides ne seront réelles que dans le sommeil qui les oubliera. L'amour ne sera pas pornographique, il ne sera qu'érotique et cette sagesse n'a rien d'animal, de sensuel, c'est un abandon dosé. La gourmandise et la gloutonnerie sont réellement des péchés définis par une cravate d'apparat, la sueur ne coule que pour le sport et seulement sur la peau. Les choses sont bien faites, il est temps de prendre une douche, froide!
Minéral de laine.
Dans un univers contreformé.
Enveloppe sucrée pour cœur salé.
C'est dans un énorme pet sonore que j'aimerais évacuer un humain tout frais et fumant: je ne suis pas encore né.
La vie renaît des cendres.
Les premiers frissons froids dérivent, rassurants quand la gnôle fait son chemin dans le sang.
Une couche tiède sous la peau qui dressent les poils.
La poussière est mon engrais, la merde que tu es, engraisse mon hérésie, je vais germer sur ton dos.
Quand le métal brille comme de l'ivoire, quand mon âme perd les pédales, quand mon dos se glace et désire une autre place, gris est blanc!
L'urine scintille et c'est mon cœur d'animal qui bande pour tes errances.
Gênes rentrées mal camouflées, lèvres tristement tordues incapables de gober ma hampe bouillante, à nous deux, empêtrés dans les galanteries.
Attrappe-moi par les couilles et tiens-moi en liesse.
Ce monde carré, ils peuvent se le carrer!
Aspire, la folie n'étouffera pas sous les principes, avec panache, avale parce que je me vengerais, poli, pas seulement, gourmant.
Ma langue toilettera ta fente et ne s'arrêtera pas à ta raie, je suis sale, c'est bon, je suis bon, c'est doux, je suis con et c'est pas tout.
Rose offerte par abandon, effeuillée par amour.
Chairs de poule.
Suées.
Fourrer, clapoter et t'écouter péter.
Pisse, gueule.
Airs oubliés, à raison, soumis pour une vérité, nos yeux alors indomptables pourront se fermer en confiance, langues en limaces lentes, gluantes.
Conversation en langue inconnue, régal de mon attention.
Arguties hypnotiques qui me crochent à revers, à terre, j'apprends.
Tendresse sur ta sieste par éclectisme d'états vivants multiples à la réciprocité rassurante.
Apprend mon appétit pour ton petit cœur, encore.
Facettes à jeter uniquement après avoir consommé lentement.
Que la fin soit sincère, sans remords aucun.

Publié par a-page à 22:55:03 dans humeurs | Commentaires (0) |

POP SKULL (2007) de Adam Wingard | 02 avril 2008

Un jeune type en pleine dépression se shoote aux drogues légales. Sa copine s'est barrée avec un acteur de seconde zone. Ses amis ne lui sont plus d'un grand secours tellement il est parti dans une névrose carabinée. Ses hallus à base de souvenirs confus et glauques, de silhouettes évanescentes qui lui foutent une trouille bleue et ses visions à base de pilules de toutes les couleurs le bercent en un cauchemar perpétuel. C'est dans ce climat de chaos mental et de dérive interne que ce jeune type survit littéralement chaque jour de son existence. Ce mal d'amour étouffant assaisonné d'un passé morbide mal effacé et d'un présent pas du tout reluisant finiront par le faire déraper...

Ce film épileptique à la bande son super efficace secoue la paillasse. Avertissement aux épileptiques et aux dépressifs, passez votre chemin et revenez quand ça ira mieux: parce que c'est un film à voir si on aime le cinema. Les acteurs se la jouent subtils et assurent vraiment. Un comble pour un film qui vient du continent où la culture soap opéra a été inventée et pourrie la terre entière de son maniérisme sinistrement primaire et stéréotypé. Les personnages sont animés de vie, leur gestuelle ne vient pas d'une convention d'arrivistes en devenir, les dialogues claquent et le mal de vivre n'a pas l'air d'être formaté pour vendre des bibles dans des spots de propagandes imbéciles. C'est d'ailleurs un mélange assez audacieux que ce réalisme et cette pointe de fantastique qui ne pourrait s'expliquer qu'avec les pilules magiques (?!). Le traitement des images est assez maniéré ( genre très saccadé, surimpression et filtres couleurs) mais colle parfaitement à l'ambiance sombre de cette petite heure et demie dont pas une seconde n'est de trop. On devine aussi un goût pour l'univers gothique que quelques scènes ne peuvent s'empêcher de révéler avec tendresse. La crise d'adolescence est définitivement passée, on est dans ce qu'on peut appeler un film mature. Les références qui viennent à l'esprit sont du meilleur tonneau: un petit coté Lynch (images), un arrière goût de "Closed Shaved" (son et climat), on peut parler de Cassavetes (jeu d'acteur) mais ce film est en réalité entier en tant que tel. Les comparaisons ne sont pas utiles car Pop Skull est sa meilleure pub. Cela fait longtemps qu'une production ricaine ne m'a pas scotché à mon fauteuil et j'ai ravalé tous mes soupirs de lassitude que je n'avais pas pu m'empêcher de préparer.
Du bon cinéma, vraiment!
Production anti-corporatisme: le sol américain ne supporte pas que des lobotomisés des cinq sens et il y a du putain de talent!

Publié par a-page à 20:25:43 dans tribulations pathétiques en terrain cinématographique meuble et autres oasis régénérants | Commentaires (0) |

D. A. N. G. A. N RUNNER- Dangan ranna (1996) de Hiroyuki Tanaka | 31 mars 2008

Trois personnages principaux, un clan de Yakuzas et une bande de flics. Dans la plus pure veine du polar traditionnel, le mec qui se fait foutre de sa gueule par sa meuf avec un autre type au bras, se prépare à faire un casse dans une banque. C'est le looser de service qui va braquer la banque alors qu'il a oublié de s'acheter un masque. Il rentre dans un combini (superette) pour en acheter un, pas de monnaie, il va falloir qu'il le vole. Mais la rock star déchue qui s'occupe du combini va le courser une fois la tentative foirée. Lui, c'est le deuxième looser de service: ancien toxico rock star en carton qui doit du fric à un yakusa, troisième looser (il a sauvé sa peau sans protéger son patron) qu'il va renverser alors qu'il rattrape son voleur de masque. Alors commence le road movie cocasse le plus pédestre jamais vu. La course-poursuite se termine dans un hangar où les trois personnages se retrouvent à bout de souffle (et pour cause: les 3/4 du film) ainsi qu'une bande de yakuzas suivie par une bande de flics débiles portés sur la gâchette. Final explosif en perspective.

Par les soyeuses couilles de Bélzébuth le juteux, encore un film jubilatoire qui vaut le détour dont je n'avais jamais entendu parler! Film aux situations cyniques limite je me roule par terre, traité sérieusement qui nous amène à une fin totalement amorale occidentalement parlant. Cette épopée aux pompes fumantes ne se prend au sérieux que pour surligner le ridicule des films de genre qu'au fond il respecte totalement. Etrange comme certains films arrivent à ne pas racoler tout en jouant avec tous les clichés du genre: violence (pas mal), sexe (un peu), rigolade (subtile), fantasmes (divers et variés)... Voilà un divertissement imparable comme les trois quarts des usines à flouze qui polluent les salles de cinoche et les bacs à soldes sont incapables de produire avec leurs inspirations de banquiers corporatistes et nationalistes.
Ce film est frais comme un verre de limonade en pleine canicule, comme une bouffée de joint en joute musicale, comme une pipe au petit matin. Du cinema surprise pas foutage de gueule, quoi. Merci!

Publié par a-page à 00:28:03 dans tribulations pathétiques en terrain cinématographique meuble et autres oasis régénérants | Commentaires (0) |

IZO: Kaosu mataha fujôri no kijin (2004) de Takeshi Miike | 30 mars 2008

Izo traverse les facettes de bienséance nauséabonde de toutes les mœurs prétendument civiles aux incidences désastreuses dans un bain de sang non stop sur plus de deux heures.

C'est l'histoire d'une vengeance immortelle. De celle qui frappe pour des raisons divines de désespoir insurmontable. Prenez un résidu de déchéance, des jugements de valeur sans fondements qui pourrissent tout ce qu'ils méprisent, une bouffée de rage nourrie à la douleur, une intolérance d'un éclectisme sans frontière et devenez le spectateur d'une monnaie rendue violemment avec une largesse de la plus grande classe. Anachronique, sanglant, juste et au diapason d'une réalité supportée avec un sang froid énorme: proportionnel au stoïcisme ambiant et passe partout, cette réplique en pellicule claque. Face aux ignominies contemporaines passées, présentes et futures, ce film déboule sabre au clair et tranche dans le panorama historique comme un riff dans un concerto. Some punks are not dead, la crête dans la tête, ils sont encore debout et gueulent, crachent, balancent un film comme ça. Il n'y a pas de haine dans toute cette violence, c'est désabusé et blessé à mort par une réalité sans cohérence et néanmoins légale que Izo devient l'ennemi de tous. La peine n'a jamais été séduisante, elle fait pitié, c'est peut-être la seule raison qui peut la rendre attirante. Voilà encore une destinée de solitude, pas des plus glamour mais assez essentielle.  

Film impossible, dissident sans retenue qui hurle les milliards d'incohérences morbides que le réalisateur a choisi de venger dans cette fiction désillusionnée. Film qui ne soulage même pas parce que conscient de sa place dans l'ouroboros désastreux et infini de l'âge de l'humanité, c'est une mise en abîme utopique et fantastique de nos mœurs minables présentée sous une iconographie christiquo-pop aux relents de shambara gore.

Extraits de dialogues:
Qu'est-ce que l'amour?
C'est un mot. Un mot ne correspond pas nécessairement avec la nature fondamentale de sa signification. C'est un code de sons, des fois...

Bon alors, parle-nous de la démocratie...
Oui. La démocratie est un sous-produit de la civilisation humaine: une illusion. Est-ce que la civilisation humaine a évoluée positivement...

Ok! Mademoiselle Sato, qu'est-ce qu'une nation?
Une nation est une illusion vicieuse qui n'existe que dans les esprits humain. C'est une notion imaginaire mensongère existant uniquement pour contrôler et gouverner le peuple qui se réunit instinctivement en troupeaux. C'est le principe de base fictif qui requiert une partie de la population à sacrifier.

Vous êtes prévenus, ceci est un divertissement et surtout pas un divertissement! 

Publié par a-page à 20:07:05 dans tribulations pathétiques en terrain cinématographique meuble et autres oasis régénérants | Commentaires (0) |

start | 14 mars 2008

Baptême comme un navire prêt à couler, impassible, je m'envois une boutanche de champ dans la gueule. Elle n'explose pas et je ne tombe même pas assommé. Carmin est ma destinée. Ma logorrhée de taré va pouvoir encore gerber à tous vents et en toute liberté, pour ce que ça coûte. Les retours de bâtons, je suis immortel: je ne peux que saigner! Des sons, des vibrations chaotiques, virulantes et toutes ces sortes de choses que l'on qualifie parfois de musique. Bien qu'une grande partie de ce que j'écoute fait vomir les trois quarts de l'humanité (ce qui ajoute à mon plaisir), je vais tenter de partager mes triques auditives avec vous! Ne vous méprenez pas, les ritournelles et les calculs sonores me séduisent comme n'importe qui: c'est fait exprès, mais les rages et les cris sonnent plus juste en ce vaste monde immonde. Le désespoir est sincère, au diapason, la joie est une lutte isolée, les deux sont une réalité que je choisis de déguster sucrée salée, citron pimenté, chaud et froid, profiteroles, sous formes d'humeurs savantes.
Quelle est ta couleur préférée? La musique! Qu'est-ce que tu écoutes? Des frissons! Qu'est-ce que tu ressens? Une érection! Arrête de me suivre, abandonne! Pourquoi? Tu n'écoutes pas!
Et puis je suis trop excité parce que j'ai trouvé un petit site super sympa (j'ai fait un lien): Deathcore is sexy. La sélection des groupes qu'ils balancent est bien crapouille et le son n'est pas qu'un gros bordel vénère. Beaucoup de choses à déguster avec les doigts et pas grand chose à régurgiter. Allez donc jeter une oreille, vous la ramasserez après, en charpie et bien fourrée.

Publié par a-page à 12:31:18 dans Boucan tu nous tiens! | Commentaires (0) |

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